La numérisation des circuits itinérants

L’aide à la numérisation de la Région Aquitaine a été élargie en juin 2012 aux circuits itinérants qui proposent une offre cinématographique de proximité, jusque dans les territoires ruraux les plus isolés.

La question de leur passage au numérique est l’occasion de présenter ces établissements au fonctionnement atypique.

    Qu’est-ce qu’un circuit itinérant ?

S’il n’existe pas de définition juridique du circuit itinérant, on assimile celui-ci - pour simplifier - à un établissement cinématographique, identifié :

  • par un numéro d’autorisation du Centre national du cinéma (CNC), comme les exploitations dites sédentaires ;
  • par l’une des localités, choisie par l’exploitant parmi tous les points de projection desservis, dite localité « principale » ou localité « pilote ».

Également appelés « tournées », ce sont des modes d’exploitation cinématographique particuliers  : ils regroupent des lieux de projections majoritairement situés en zone rurale et sur un territoire relativement homogène et limité.

Circuit Ciné Passion en Périgord filmé par Canal + (la Nouvelle Edition du 25/10/12)Dans la plupart des cas, le « tourneur » se déplace avec son matériel de projection.

L’installation se fait dans des points de tournée aménagés à l’occasion de la séance (hebdomadaire, mensuelle, voire annuelle) : salles des fêtes, écoles, arènes, etc., voire dans des lieux où le public est « captif » (maisons d’arrêt, hôpitaux).

Plus rares sont les cas où la salle est aménagée de manière permanente. Le CNC estime que 9% des points de projection sont équipés de projecteurs fixes.

À noter qu’on recense dans la catégorie des circuits certains lieux de projection isolés : en étant répertoriés comme « itinérants », ces points de projection peuvent s’affranchir de la mise aux normes cinématographiques AFNOR 27001 que doivent respecter les salles fixes. En effet, le circuit n’étant pas un établissement cinématographique au sens physique du terme, il n’y a pas d’homologation technique des lieux ; ils ont ainsi la possibilité de bénéficier d’un régime dérogatoire.

Quelques chiffres :

(source CNC, « Les circuits itinérants - état des lieux », Décembre 2009)

  • 131 circuits actifs sur 88 départements et 2 164 communes ;
  • 2 351 points de projection ;
  • 95,5% des points de projections situés en zone rurale ;
  • 31,3% des circuits sont classés Art & Essai ;
  • 37 000 séances/an pour 1,54 million de spectateurs générant 6 M€ de recettes guichets.

    Les circuits itinérants en Aquitaine

En Aquitaine, les circuits itinérants existants fonctionnent selon des modalités très diverses selon les opérateurs. La carte ci-dessous présente les principaux différents points de tournée actifs (localisés à la commune).


Afficher Circuits itinérants Aquitaine : points de tournée sur une carte plus grande

- En Dordogne, le circuit itinérant « Si on allait au Ciné » (classé Art & essai) est géré par l’association Ciné Passion en Périgord. Créé à l’initiative des salles sédentaires du réseau en 1997, dans une perspective de solidarité avec le territoire périgourdin non desservi par le cinéma, il dessert les communes de Villamblard, Excideuil, Savignac-les-Eglises, Neuvic-sur-l’Isle, Clairvivre, Tocane-Saint-Âpre,Villefranche-du-Périgord, Bourdeilles, Eymet, Rouffignac-Saint-Sernin de Reilhac et Vergt.

- En Gironde , on recense également quelques points de projection desservis par la société Artec, à Lormont (Bois fleuri), Pompignac (l’Anamorphose), Marcheprime (la Caravelle) ou encore Coutras. On se rapproche ici davantage de l’exploitation sédentaire que dans les autres départements : il n’y a pas à proprement parler de « tournée », chaque point de projection étant desservi de manière indépendante des autres.

- Dans les Landes, l’association Du Cinéma Plein mon Cartable a été créée en 1991 et assure la mise en œuvre de dispositifs d’éducation à l’image dans tout le département des Landes. Elle a repris en décembre 2012 l’activité du circuit itinérant des Landes. Celui-ci se déploie sur 23 points de tournée, principalement en Chalosse (Pouillon et les 16 villages de la Communauté de communes des Coteaux et Vallées de Luys, sur le canton d’Amou), ainsi qu’à Pissos et au sein du centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan.

- En Lot-et-Garonne, 2 circuits sont recensés :

L’Ecran livradais dessert le territoire du Grand Villeneuvois, et plus particulièrement les communes de Fongrave-sur-Lot, Lacépède, Lafitte-sur-Lot, Monclar, Saint-Etienne-de-Fougères, Verteuil-d’Agenais, ainsi que la petite salle de l’Utopie à Sainte-Livrade ;

Cinéma chez nous (classé Art & essai), créé en 1984, aujourd’hui piloté par la Fédération départementale de la Ligue de l’enseignement du Lot-et-Garonne. Le circuit dessert les points de tournée de Barbaste, Monflanquin, Miramont-de-Guyenne et Layrac.

- Dans les Pyrénées-Atlantiques : L’association Béarn Adour Tourisme et Loisirs (Batel) est organisatrice du cinéma itinérant dans le Nord Béarn. Neuf sites de projection sont aménagés dans des salles communales, à Anoye, Astis, Aurions Idernes, Carrère (point de tournée principal), Morlaàs, Navailles-Angos, Pomps, Pontiacq Lamaillou et Serres-Castet. Ce circuit fonctionne d’octobre à juin, avec des séances grand public mais également scolaires.

    La numérisation des circuits itinérants

    Un contexte technique particulier

Le contexte de raréfaction des copies 35 mm a mis en difficulté les circuits itinérants, confrontés à des difficultés bien spécifiques retardant leur numérisation, alors que les salles de cinéma sédentaires avaient pu engager leur passage au numérique à partir de 2010.

En effet, comme expliqué ci-avant, seuls quelques points de tournées sont équipés de matériel de projection sédentaire : dans la majorité des cas, le tourneur se déplace avec son matériel qu’il installe et désinstalle à chaque séance.

Aussi était-il indispensable que le matériel numérique destiné à remplacer les projecteurs 35 mm réponde à des spécifications techniques adaptées aux contraintes de l’itinérance :

  • contraintes matérielles : portabilité, poids, robustesse, stabilité, résistance aux variations de température...
  • contraintes logistiques : accès aux copies et aux clés de lecture des films.

Voir dans le site de l’Association Nationale des Cinémas Itinérants (ANCI) le Cahier des charges techniques concernant le matériel de projection des circuits itinérants.

Les circuits ont ainsi subi le retard des constructeurs quant aux tests réalisés sur les prototypes : les premiers projecteurs mobiles numériques n’ont été commercialisés qu’à partir de fin 2012 – début 2013.

    Quels financements ?

Ce contexte technique explique que les circuits itinérants aient dans un premier temps été exclus des dispositifs publics, dont Cinénum (aide du CNC) : dans l’attente de la mise sur le marché du matériel adapté à l’itinérance, le CNC a limité son aide aux salles sédentaires.

Ce n’est qu’à partir du moment où les tests sur prototypes ont été réalisés de manière satisfaisante que l’aide du CNC a été ouverte aux circuits (voir notice spécifique pour les circuits).

En parallèle, les collectivités disposant d’un règlement d’intervention ont fait évoluer leur dispositif respectif, de manière à intégrer cette catégorie d’exploitations.

Ainsi, en Aquitaine, l’aide à la numérisation s’est élargie aux circuits itinérants par décision de l’Assemblée régionale le 25 juin 2012.

Pour en savoir plus sur l’aide à la numérisation des salles de cinéma de la Région Aquitaine :

voir la rubrique équipement numérique des salles de cinéma dans le Guide des aides de la Région Aquitaine (détail du règlement d’intervention et dossier de demande d’aide à télécharger).

    La numérisation des circuits en Aquitaine

L’aide à la numérisation a permis de financer l’acquisition de matériel de projection numérique pour les circuits du Périgord, de la Gironde, des Landes, du Nord Béarn et du Grand Villeneuvois.

Le maillage territorial a donc pu s’engager en Aquitaine de manière rapide. Le circuit de Dordogne a été le premier à se numériser (voir la décision de la Commission permanente du 11 février 2013), progressivement suivi par les autres, l’objectif étant pour tous d’avoir finalisé leur conversion avant l’été 2013.

Certains points de projection sont équipés - ou le seront à court terme - de projecteur fixe (à Excideuil, par exemple).

Dans la majorité des cas, toutefois, les circuits aquitains ont renouvelé leur matériel par l’acquisition de projecteurs mobiles, en cohérence avec leur mode d’exploitation.

    Pour en savoir plus sur les circuits itinérants

A voir et écouter 2 reportages sur le circuit itinérant de Ciné Passion en Périgord à l’heure du numérique, qui suivent Laurent Xerri, opérateur chef, dans sa tournée :

Sur France Culture, un documentaire de Johanna Bedeau et Rafik Zenine (54 minutes) : « Cinéma itinérant : La valse des bobines » (5 juillet 2012) ;

Sur Canal +, une chronique de Pauline Lefèvre (4 minutes 30) : « La vie autrement » : « Quand le cinéma vient à vous » (25 octobre 2012) :

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo
PDF - 289.9 ko
« Les circuits itinérants - état des lieux » (CNC, Décembre 2009)
  • Télécharger « Les circuits itinérants - état des lieux », Décembre 2009 (étude du CNC réalisée conjointement par le service de l’exploitation et la Direction des études, des statistiques et de la prospective) - pdf, 289 Ko ;