Règles d’ingénierie de base

Les principes guidant les schémas d’ingénierie très haut débit réalisés en Aquitaine ont pour objectif en l’absence de directives ou recommandations nationales en cours d’élaboration de veiller à concevoir des infrastructures passives et neutres technologiquement et d’optimiser le coût global du réseau FTTH.

Veiller à concevoir des infrastructures passives et neutres technologiquement, c’est à dire capables d’accueillir les différentes technologies de réseaux FTTH (point à point, G PON…) susceptibles d’être retenues par les opérateurs de service.

Pour ce faire, la distance entre les prises et les PM sera de l’ordre de 10 km et pourra atteindre 15km pour les quelques prises les plus éloignées

Cette ingénierie est compatible avec la portée des équipements actifs « point à point » ou G PON comportant des niveaux de couplage 1/32 ou 1/64.

Il est à noter que le recours à des équipements actifs « répéteurs-régénérateurs" » permettent d’atteindre des distances bien plus importantes en technologie G-PON.

Un réseau de collecte est également positionné afin d’assurer l’interconnexion des PM, pour leur sécurisation et pour faciliter l’accès des réseaux opérateurs au niveau de leurs POPs locaux, ou à des POPs de réseaux d’initiative publique éventuels.

Optimiser le coût global du réseau FTTH

Sauf exception, chaque logement sera doté de deux fibres optiques qui seront prolongées jusqu’au point de mutualisation.

Ceci garantit l’exercice d’une concurrence réelle, par la mise à disposition de fibres noires (dédiées ou mutualisées) ou activées selon les définitions de l’ARCEP. (cf la décision relatives aux modalités d’accès aux lignes de communications électroniques à très haut débit en fibre optique)|Accès aux définitions

Les points de mutualisation ne doivent pas être trop nombreux afin d’éviter la prolifération d’ouvrages hors sols sur le territoire, (prix unitaire, nuisance paysagère, nécessité d’alimentation électrique).

Ils sont par ailleurs des lieux possibles d’intervention pour l’exploitation et la maintenance du réseau très haut débit, donc autant de points fragiles de celui ci.

Les points de mutualisation doivent regrouper un nombre suffisant de prises afin d’atteindre des seuils d’intérêt économiques pour les opérateurs de services.

On s’efforcera donc en fonction des contraintes de densité des territoires d’atteindre un nombre minimal de prises par PM de l’ordre de 500.

A l’opposé une concentration excessive de prises dans un point de mutualisation , peut conduire à des difficultés d’implantation et des contraintes de génie civil ; dès lors un ordre de grandeur de 3000 prises peut être considéré comme un compromis valide pour des territoires de moyenne densité.

Pour information un bâtiment ou shelter destiné à abriter un PM pour 3000 prises aura une surface au sol de l’ordre de 15 m2.

Cependant dans les agglomérations plus denses et à condition de disposer du foncier adapté et d’avoir levé les contraintes de génie civil ce nombre peut être largement dépassé.

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Jarretières optiques entre têtes de câbles abonnés et équipements
Vue prise dans le réseau FTTH de Saint Lô

Les fourreaux destinés à accueillir les câbles à fibres optiques seront en surnombre et de diamètre suffisant, afin de disposer des marges de manoeuvre nécessaires aux opérations lourdes d’exploitation /maintenance (regroupements remplacements ou déplacements de câbles) et de procéder aux extensions du réseau par tubage de fourreaux existants par exemple (création de nouveaux lotissements ou zones d’activités) .

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Tubage d’un fourreau PEHD avec 7 tubes
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Structures pré-tubées pour pose directe

En zone urbaine le choix se portera sur des fourreaux en PVC en barres de 6m de diamètre 42/45 mm ou 80 mm

En zone rurale lorsque la pose mécanisée en grande longueur sera possible, des fourreaux en PEHD de diamètre 33/40 mm seront préférés.

Toute les adductions seront équipées de deux fourreaux (1 de réserve en cas d’écrasement du premier).

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Schéma de principe de la distribution et de l’adduction
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Précisions concernant les adductions.

L’adduction définie ici comme la partie terminale d’un réseau FTTH sur domaine public, au voisinage immédiat de la limite domaine public/domaine privé, nécessite une approche spécifique dans les schémas d’ingénierie très haut débit.

En effet le nombre d’adductions en habitat individuel étant quasiment égal au nombre de prises, toute mutualisation de travaux ou usage d’infrastructures existantes a des effets notables sur le coût global du réseau. Par ailleurs le traitement des adductions est plus ou moins neutre sur le plan financier pour les utilisateurs.

La Fiche N°1 du guide « TRAVAUX-FOURREAUX-CARTO » disponible dans la rubrique Boîte à outils Documents à télécharger, indique la façon de traiter les adductions dans le cadre des schémas d’ingénierie très haut débit réalisés sur le territoire Aquitain ; elle pourra faire l’objet de modifications s’appuyant sur l’expérience acquise à l’occasion des premiers schémas d’ingénierie finalisés.