Ce rapport n’est cependant pas totalement inédit puisqu’il fait suite à un rapport d’information présenté à la séance plénière du mois de juin, faisant l’état des lieux du numérique et un point d’étape sur l’avancée des objectifs sur lesquels l’exécutif s’était engagé pour la nouvelle mandature. Il annonçait les nouvelles orientations adoptées cet automne.
Maintenir le cap pour le très haut débit
Concernant le très haut débit, l’objectif est de poursuivre les opérations d’accompagnement des études préalables des collectivités et la consolidation, par la Région Aquitain, du système d’information géographique sur les télécoms – Gr@ce.
Il est également, en parallèle, de reporter , sauf opération expérimentale au cas par cas et de taille modeste, les soutiens aux investissements lourds nécessaires au financement des réseaux très haut débit. Ce pour deux raisons :
- le « Fonds d’aménagement numérique des territoires » qui doit aider les territoires non concernés par les annonces des investisseurs privés, à financer le déploiement du très haut débit n’est toujours pas alimenté de manière pérenne. Seule est disponible aujourd’hui une partie du Fonds pour la Société Numérique du Grand Emprunt pour un montant de 900 millions d’euros alors que le coût total est estimé entre 15 et 25 milliards. Cette carence est d’autant plus dommageable si l’on considère, comme l’ensemble des grandes associations d’élus et nombre de parlementaires, que le Programme national très haut débit mis en place par le Gouvernement en 2010 fait une part trop belle aux opérateurs privés de télécommunications et abandonne aux collectivités locales la responsabilité de subvenir aux besoins des territoires peu denses de la France ;
- la seconde raison tient à l’évaluation, par une étude lancée à ce sujet, de la manière dont la Région pourrait mettre en place un dispositif régional sur le très haut débit au titre duquel celle-ci interviendrait en tant qu’investisseur avisé long terme en s’appuyant sur les structures départementales, et en garantissant un retour sur investissement aux collectivités quand la commercialisation du très haut débit deviendra fructueuse.
Lire la page consacrée au THD en Aquitaine
Les usages, une priorité de premier plan
Rendre pertinents, performants et appropriables les services numériques devient essentiel notamment en ce qui concerne l’offre numérique publique.
Cet objectif est placé comme une priorité d’égale importance à celle des infrastructures.
Deux chantiers opérationnels vont permettre de structurer l’action régionale sur ce sujet :
- le Laboratoire des usages numériques Aquil@b dont la préfiguration a été adoptée en juin 2011.
- la constitution, avec des entreprises leaders d’Aquitaine, d’un cluster analyse, qualité et usages web en phase d’élaboration. Ce cluster s’inscrit pleinement dans la stratégie sur les actions sectorielles conduite par la Région Aquitaine en matière de développement économique ainsi que dans le programme d’action de l’Adeiso et le CATIE (Centre aquitain des Technologies de l’Information).
L’Aquitaine compte actuellement deux clusters TIC : Topos sur les applications satellitaires et un sur l’e-santé contractualisé en 2011.
Un nouvel Ami pour les territoires numériques
Le troisième axe décrit la transformation sélective des interventions de la Région en direction des territoires. La période pionnière de sensibilisation et d’appropriation a passé. Il convient désormais de tirer vers le haut, avec des exigences d’innovation et de modèles économiques, des projets territoriaux à même d’améliorer la compétence locale.
Un « Appel à manifestation d’intérêt » est à ce sujet mis en place autour de quatre priorités :
- L’enjeu des déplacements professionnels
- L’amélioration de l’accès aux soins de santé
- La valorisation des cultures de territoire
- Le développement du lien entre vie économique et territoire
Cet Appel à manifestation d’intérêt remplace les dispositifs antérieurs. En savoir plus sur l’Ami numérique dans le Guide des aides TIC
Trois actions mobilisatrices
Une première action mobilisatrice concerne les industries culturelles et les médias. Elle décrit le mode d’intervention pointu de la Région en direction des acteurs de l’économie créative (cinémas, libraires, éditeurs, secteur musical…) qui sont directement frappés par l’effet mondialisateur du numérique. Cette stratégie sera maintenue et élargie notamment aux radios.
Lui est par ailleurs associé le Contrat d’objectifs et de moyens avec les télévisions locales, qui a été adopté en juin 2011.
Enfin, la deuxième action mobilisatrice porte sur l’effort, modeste mais également pointu et spécifique entrepris en direction de la filière numérique régionale. Il s’agit de soutenir celle-ci lorsqu’elle met au point des services à valeur ajoutée innovants notamment à travers le dispositif Aquitaine proto qui a su faire ses preuves. Il ne s’agit donc pas de politique industrielle à proprement parler mais d’aide investie dans des projets de valeur et inédits.
Trois domaines sont particulièrement ciblés : le logiciel libre, les applications mobiles et le champ des « serious games ».
La dernière action mobilisatrice porte sur le volet numérique et le développement durable qui n’a pas fait l’objet d’une prise de décision dès cette Séance plénière du 24 octobre car il est intégré au processus d’élaboration concertée du Défi Aquitaine climat.
Le rapport adopté en séance plénière du 26 octobre 2011 dresse un portrait de l’exigence et de l’excellence du rôle d’architecte innovant de la collectivité régionale.




