Les entreprises invitées à se mobiliser
Éric Besson, ministre chargé de l’Industrie, de l’Énergie et de l’Économie Numérique, a annoncé le 19 juillet dernier le lancement d’une étude sur le télétravail dans les grandes entreprises françaises. Cette étude sera réalisée par le cabinet de conseil Greenworking et s’appuiera sur un questionnaire présenté dans les entreprises. Elle aura pour but de promouvoir et étendre la pratique du télétravail.
Pour cela, elle fournira un état des lieux général qui s’orientera autour de trois grands thèmes : le repérage des meilleures pratiques ; l’identification des facteurs de succès ; l’analyse de la variété des situations de travail à distance ainsi que les différentes formes que peut prendre ce dernier en fonction du lieu de travail (domicile, télécentre, bureaux flexibles ou partagés).
Le cabinet de conseil Greenworking a présenté les premières tendances résultant de son enquête préalable :
- la génération Y des 25-34 ans impulse cette nouvelle forme de travail
- le manager intermédiaire est le premier frein au télétravail
- un second frein est celui du modèle managérial français, basé sur le temps de travail et non sur le résultat
- le taux de satisfaction des télétravailleurs est élevé
- il est nécessaire de s’approprier les outils (Lire sur l’Usine nouvelle 19/07/2011)
Les recommandations du CGIET
Le 28 juillet 2011, le Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET) a remis à François Sauvadet, ministre de la Fonction publique, un rapport intitulé « Perspectives de développement du télétravail dans la fonction publique ». A cette occasion, François Sauvadet a annoncé son intention de développer le télétravail dans la fonction publique et à confié au CGIET le soin de présenter le rapport aux organisations syndicales afin qu’une concertation puisse débuter courant septembre.
Le rapport préconise :
- de favoriser le télétravail dans le cadre d’une organisation du travail responsabilisante, exercé en pendulaire à raison de un ou deux jours par semaine (trois jours après une première expérience réussie).
- d’assurer un cadre sécurisant pour les télétravailleurs et les employeurs (définition du télétravail et du travail à distance, fixation des conditions de réversibilité pour les employeurs).
- d’engager une démarche projet définissant des tâches télétravaillables plutôt que des métiers afin d’élargir le champ d’éligibilité au télétravail.
- de lancer des projets pilotes, notamment dans la fonction publique
- d’encourager le télétravail dans la mise en oeuvre des plans de crise.
Un nouveau rapport à l’horizon
Lors d’un séminaire sur le télétravail organisé le 30 août 2011 à Murat (Cantal), le député Pierre Morel-A-L’Huissier a présenté les grandes lignes d’un rapport qu’il remettra à la mi-septembre au gouvernement. Son objectif est d’intégrer un volet sur le télétravail dans le projet de loi visant à lutter contre la précarité dans la fonction publique.
Principales préconisations du rapport :
- valider dans un premier article la définition de l’accord-cadre européen de 2002 afin de donner une base législative au télétravail,
- encadrer le statut du télétravailleur (obligation d’un contrat ou d’un avenant au contrat de travail, clause de réversibilité, volontariat, prise en charge par l’employeur du poste de travail),
- engager les syndicats dans un accord national. (A ce sujet, un rapport sur le télétravail dans la FPT réalisé par les Territoriaux CGC en avril dernier, estime que le télétravail ouvre la voie d’un vrai projet de civilisation alors qu’une enquête réalisée en juin 2011 par l’Obergo avec l’appui de la CFDT Cadres et de l’Observatoire Des Cadres alerte sur le « Télétravail rêvé, rejeté, réel ? Halte aux illusions dangereuses »),
- mener une expérimentation pilote dans le Massif central.
(Lire sur la Gazette des Communes 30/08/2011)
Télétravail et travail nomade majoritaires en 2030
De son côté, le Centre d’Analyse Stratégique a publié en juillet 2011 un rapport sur « Le travail et l’emploi dans vingt ans : 5 questions, 2 scénarios, 4 propositions ». Selon le rapport, le “travail” tel que nous le connaissons sera transformé, notamment par la diffusion généralisée des technologies numériques. L’un des scénarios prévoit des changements technologiques majeurs dans l’univers travail-emploi : l’essor du télétravail et une large diffusion du travail nomade devenant quasi majoritaire à l’horizon 2030. Le potentiel de développement du télétravail, pour une partie de l’exercice d’un métier, pourrait déjà concerner jusqu’à 40 % à 50 % des emplois dans les dix prochaines années.
Les territoires s’engagent
Le 30 août dernier, à Murat en région Auvergne, se déroulait la restitution de l’étude-action lancée par Maceo au printemps 2010 sur le thème du télétravail et de son développement dans le Massif Central. Les supports du colloque, riches en enseignements, sont accessibles en téléchargement.
En Bourgogne, quelques expériences sont en cours pour essayer de déterminer l’incidence de ces nouveaux comportements. Les premières conclusions d’une expérimentation menée par 12 agents du Conseil général de Côte-d’Or, sous l’impulsion de son président François Sauvadet font déjà état de quelques gains financiers personnels au profit des nouveaux télétravailleurs. La Bourgogne se mobilise également pour mettre en place des centres de coworking (Lire sur Forum Eco 29/08/2011).
En Alsace, la préfecture de Région a publié en mai 2011 une « Etude, diagnostic et perspectives des usages et services TIC en Alsace ». Selon le rapport, le déploiement de télécentres est clairement identifié comme une priorité (voir chapitre 9 Maillage numérique du territoire : télécentres et écocentres).
Pour développer son économie, l’Ariège a misé depuis quelques années sur le télétravail et s’impose aujourd’hui comme le premier département français à se doter d’un observatoire sur le sujet. Mis en place par Ariège Expansion, l’agence de développement économique du département, cet observatoire a pour vocation à servir d’exemple pour l’ensemble de la région Midi-Pyrénées et à en faire une région pilote au niveau national en matière de télétravail (Lire sur ToutEmploi 5/09/2011).
A noter enfin que, lors des prochaines Rencontres TIC des collectivités publiques, qui se tiendront le 5 octobre prochain à Montpellier, l’une des interventions portera sur le télétravail au Conseil général de l’Hérault : de l’expérimentation au bilan.
L’Aquitaine poursuit ses projets
Le Réseau des territoires numériques aquitains, dont fait partie la Région Aquitaine et une dizaine de pays, a engagé au début de l’année 2011 une réflexion sur le thème « Télétravail et espaces de travail partagés ». Ce groupe de travail s’est réuni le 25 mai dernier à Latresne, en Gironde, afin de réfléchir sur les perspectives de télétravail en milieu rural et périurbain.
Trois projets étaient abordés :
- un projet d’« e-airial » porté par la Communauté de communes du Pays morcenais dans les Landes, qui devrait se concrétiser prochainement. Cet « e-airial » est une zone ayant pour but de capter des activités de services ayant besoin du Très haut débit. Une enquête sur le télétravail à Morcenx (étude de création d’un espace de travail de nouvelle génération) a été ouverte jusqu’au 31 juillet afin de de mieux cerner les besoins et d’adapter ce projet d’e-airial. La Région Aquitaine accompagne l’étude de faisabilité de ce projet pilote.
- une expérience concrète menée à Pomerol, en Gironde, où l’association Arrêt Minute propose un espace de travail partagé et collaboratif destiné aux microstructures, aux auto-entrepreneurs et aux travailleurs nomades, les invitant à venir partager des outils de travail tout en leur permettant de connaître de riches échanges sociaux.
- une enquête sur le télétravail auprès des entreprises régionales, dont les résultats étaient présentés lors de cette rencontre. La Région, qui participait à cette réunion, poursuit en effet sa collaboration avec l’Université de Bordeaux 3 (Raudin) avec la prospection auprès d’une dizaine d’entreprises qui se disent favorables au télétravail, afin de bien identifier les leviers de passage à l’acte et envisager des éléments d’accompagnement par l’action publique (Lire sur Aquitaine Numérique).




